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Pour les grincheux, les indécis, les sceptiques, les inconscients, les égoïstes, voici de quoi répondre honnêtement à leur indignation ou incompréhension. Je le répète : non seulement la consommation de viande contribue grandement au réchauffement climatique, mais elle aggrave la faim dans le monde.
Il faut savoir que 80% de l’alimentation animale proviennent de cultures qui conviendraient également à la consommation humaine : maïs, soja. A l’ère de l’élevage industriel, nos bêtes accaparent à elles toutes seules 60% de la production mondiale de céréales, soit 670 millions de tonnes ! Un volume qui suffirait amplement à nourrir les 850 millions d’êtres humains souffrant de malnutrition.
Voilà pourquoi il faut songer à cesser de manger de la viande ! Il y a trop d'égoïstes sur cette terre! Hypocrites sont ceux qui pleurent sur le sort d'enfants, de femmes et d'hommes mourant de faim! Si ceux qui meurent d'obésité à cause de la viande, qu’ils prennent pour une friandise, faisaient taire leur estomac jamais rassasié de sang, il laisseraient vivre ceux qui pleurent pour un bol de céréales ; ainsi, plus personne de mourrait de faim sur cette fichue planète!
Par ailleurs, je pense que l’évolution de l’espèce humaine, en dehors de sa technologie, et avant tout et surtout une question d’Amour. Alors, interrogeons-nous sérieusement sur nos penchants envers autrui, animaux compris, car c’est ainsi que notre espèce évoluera dans le bon sens. Il n’est pas besoin de toute une philosophie pour comprendre ce fait qui ne mérite aucune controverse ! Nina Ceccarelli


LA FAIM DANS LE MONDE
Des émeutes de la faim ont éclaté et éclatent encore un peu partout dans le monde. Les causes de ces émeutes sont connues et pour certaines clairement identifiés par les médias : hausse des prix des céréales, du riz, du soja, du maïs, dérèglement climatique, sécheresse en Australie, inondations en Chine, augmentation de la population mondiale. Mais la principale cause reste encore occultée. Elle concerne le mode d’alimentation.
Il suffirait de renoncer à la viande pour soulager la pénurie de grains tout en préservant l’environnement et notre santé. Selon l’économiste américain Jeremy Rifkin, auteur, entre deux essais sur le travail ou les nouvelles technologies, du passionnant «Beyond Beef», un essai sur l’impact dévastateur de l’industrie de l’élevage. “L’élite intellectuelle dans les pays développés trouve parfaitement normal de s’inquiéter de la surpopulation dans le monde, mais elle oublie toujours un fait. La vraie surpopulation, c’est celle du bétail.”
Avec 1,4 milliard de vaches, notre planète croule en effet littéralement sous le bétail : le poids cumulé de tous ces ruminants est supérieur à celui de toute la population humaine avec ses 6 milliards d’habitants ! Et c’est de pire en pire. La production de viande a été multipliée par cinq depuis les années 1950, pour passer à 265 millions de tonnes. Et devrait encore doubler sur les vingt années à venir.
De quoi affoler les experts en alimentation, qui se demandent bien comment la terre pourra nourrir les 3 milliards d’humains supplémentaires de ces prochaines décennies.
La concurrence entre les animaux d’élevage et les hommes s’annonce très rude.
Car 80% de l’alimentation animale proviennent de cultures qui conviendraient également à la consommation humaine : maïs, soja. A l’ère de l’élevage industriel, nos bêtes accaparent à elles toutes seules 60% de la production mondiale de céréales, soit 670 millions de tonnes ! Un volume qui suffirait amplement à nourrir les 850 millions d’êtres humains souffrant de malnutrition. En fait, d’un point de vue malthusien, la viande n’est pas «rentable». On estime qu’un végétarien consomme en moyenne 180 kilos de grains par an alors qu’un consommateur de viande en gaspille 930 kilos par an. Pour comparer le rendement de diverses spécialités agricoles, les agronomes calculent un taux de conversion alimentaire qui correspond au rapport entre le nombre de protéines consommées et produites. Pour obtenir 1 calorie de poulet, il faut ainsi environ 4 calories de nourriture végétale. Idem pour le porc ou les oeufs. Pour le lait, on grimpe à 8. Et pour le boeuf, à 17, voire bien plus ! En comparaison, la pomme de terre est bien moins gourmande, son taux de conversion n’étant que de 0,46. Et encore, on ne compte pas les besoins en eau : pour produire 100 grammes de boeuf, il faut 25.000 litres d’eau. Au total, l’élevage et la production des aliments pour le bétail squattent 78% des terres agricoles mondiales, soit 30% de toute la surface du globe… Le plus insensé ? C’est que toute cette bidoche est en priorité destinée à 0,1% de la population de la planète, l’infime petite minorité des riches de ce monde. Notre consommation de viande est passée de 30 kilos par personne et par an en 1919 à plus de 100 kilos aujourd’hui. C’est trois fois plus que la quantité préconisée par les organismes de santé… Si tout le monde sur la planète devait adopter le mode de vie occidental, il faudrait l’équivalent de 2,3 planètes en surface agricole….. Savez-vous également que le seul bétail américain mange en céréales et en soja, des quantités qui pourraient permettre de nourrir cinq fois la population humaine des Etats-Unis ? !
Quelques exemples d’incohérence qui ont conduit à la situation actuelle. Pour alimenter les animaux occidentaux destinés à nos restos, mac-do, et cuisines familiales : - Le Brésil a été contraint d’augmenter de 400% ses exportations de Soja entre 1977 et 1980, alors que dans le même temps 10.000 enfants y mourraient de faim chaque année, et qu’on y dénombrait, officiellement ( !), 38 millions de sous-alimentés… - Au Sénégal, la culture d’arachide pour le bétail se fait aux dépends des cultures familiales et vivrières (haricot, mil, sorgho,…), et, de 1980 à 1988 plus de 65.000 enfants sont morts de faim chaque année, pour une population de seulement 4,54 millions d’habitants… - Tandis qu’en Thaïlande, 90% de la production de Manioc, principale ressource du pays, sont exportés pour nourrir les bêtes, destinées à l’alimentation pathogène et dégénérative des occidentaux non végétariens … (Pendant ce temps, 50.000 enfants sont morts de faim chaque année en Thaïlande, pays qui compte seulement 5,1 millions d’habitants…)
De plus, par sa grande consommation de farine de poisson, 60% de la production occidentale de boeuf industriel a engloutit les ressources de la Pêche Chilienne et Péruvienne,… tandis que chaque année, entre 1980 et 1985, 48.000 enfants au Chili, et 90.000 enfants au Pérou, sont morts directement ou indirectement de Faim !…
Dans tous ces pays, des milliers de paysans sont expropriés de manière expéditive pour que leur terre puisse être utilisée pour des cultures destinées à la production et l’exportation de viande…
Pour être constructive, toute réflexion portant sur l’alimentation en général et la diététique en particulier, doit nécessairement tenir compte des méthodes de production des aliments et de leur impact sur l’homme et la nature, la Santé de l’homme étant aussi celle de la terre et du milieu agricole !… Rappelons quand même que le cheptel bovin de nos pays est mieux traité qu’une immense partie de la population mondiale, et à cela s’ajoute l’étendue croissante de l’élevage industriel qui nécessite une déforestation intensive et écologiquement inacceptable, rapidement suivie de désertification quand le bétail a épuisé les ressources du sol. Pendant ce temps les populations d’affamés ne sont non seulement ni soignées ni logées, mais n’en croiraient pas leurs yeux si on leur offrait les céréales que mange quotidiennement le bétail destiné à satisfaire les appétits déformés des occidentaux (et là, on ne parlait pas encore de ces aberrantes “farines de viande” contaminées, bourrées de prions dégénérescents et débilitants !… (cette aberration ne représenterait que 3% de leur alimentation quotidienne, peut-être, mais on en constate les énormes dégâts : des milliers de bêtes vont se faire massacrer. Quand on pense que l’homme aussi est un “animal végétarien”… je pense que l’on devrait y réfléchir à deux fois avant d’ingérer des protéines animales ! ! !)) : A valeur nutritive égale, la même quantité de céréales qui une fois transformée en viande nourrit une seule personne, en nourrirait 7 si on la consommait directement, et près de 20 si on la faisait préalablement germer, sans même parler du gain qualitatif, qui suit ce gain quantitatif !…
N’est-il pas tout de même extrêmement choquant de réaliser que les mangeurs de viande ont besoin de dix fois plus d’eau et de surface cultivable pour être nourris ? (Et mal de surcroît, juste de manière à augmenter les maladies et les souffrances chez des centaines de millions de citoyens contribuables, consolidant ainsi leur dépendance médicamenteuse et chirurgicale) !…
Le célèbre agronome, écologiste et tiers-mondiste René Dumont déclarait déjà à son époque : « L’occidental, avec sa surconsommation de viande et son manque de générosité envers les populations les plus pauvres, se comporte véritablement comme un cannibale, un cannibale indirect ; En consommant de la viande, ce qui gaspille les céréales qui auraient pu les sauver, nous avons mangé l’année dernière les enfants du Sahel, d’Ethiopie et du Bangladesh. Et cette année-ci, nous continuerons à les manger avec le même appétit !… »
Déjà, dans “Le Lien” “mensuel d’information sur la Santé, les Ressources Humaines et l’Environnement”) de Juin 1991, son éditorialiste Philippe Mailhebiau insistait lui aussi à juste cause : « Les exigences de production des produits carnés sont en effet contraires à une utilisation rationnelle des ressources agricoles à même de nourrir la population mondiale, contraires également au respect de l’environnement, (…) La transformation des végétaux en chair animale consommable entraîne une perte énorme de pouvoir nutritionnel, ce qui est inadmissible en regard de la famine croissante dans le monde : si ces végétaux et notamment les céréales étaient directement consommés, non seulement la faim finirait par disparaître des pays en voie de développement, mais conjointement les pays nantis y gagneraient beaucoup en qualité nutritionnelle, et donc en santé ! »
Pour une seule boulette coincée entre deux morceaux de pain-éponge, il faut transformer cinq mètres carrés de forêt vierge en pâturage ! Globalement, les États-Unis transforment chaque jour 1.000 tonnes de viande de boeuf en boulettes… Cela signifie le déboisement accéléré de contrées entières en Amérique du Sud et en Amérique centrale.
Le phénomène est impressionnant : 25 millions d’êtres humains se livrent, chaque jour, par hamburgers interposés, à cette destruction massive du milieu naturel.
Par exemple, le Costa Rica “Suisse de l’Amérique latine”, était recouvert à 72% de forêts en 1950, soit 37 000 kilomètres carrés. Aujourd’hui, cette surface n’est plus que de 26 % et 60.000 hectares sont déboisés annuellement.
Le bétail envahit les pâturages ainsi libérés : « Lorsque les carcasses s’en vont vers les États-Unis ou l’Europe, à des prix ridiculement bas, alors que les populations locales n’y ont accès qu’à des prix prohibitifs, leur sol est déjà en voie d’épuisement ! (…) La première année après le déboisement, il faut un hectare de prairie pour nourrir une tête de bétail. Cinq ans plus tard, cinq à sept hectares y suffisent à peine. Encore cinq années plus tard, le sol est définitivement stérile. Alexandre Bonilla Duran, fondateur du premier mouvement écologiste d’Amérique centrale, dénonce la perte de 680 millions de tonnes de terre fertile, dont 80 % pour l’élevage d’un bétail majoritairement destiné à l’exportation. Spectre de la colonisation, Stérilisation des sols, Appauvrissement des pays fournisseurs, Alourdissement de la dette, modification des habitudes alimentaires, création de nouveaux pôles d’activités économiques fondés sur la spoliation, propagande, et chaîne spéculative qui ouvre une fenêtre supplémentaire sur le dossier noir des pillages de notre société de consommation… » Et nous en venons donc là aux causes justement “moins bien médiatisées” de ces famines actuelles et “émeutes de la faim”. Dans son N° 3074 d’avril 2008, “Paris Match” mentionnait le chiffre de ces 7 kilos de céréales gaspillées pour la production d’un seul kilo de viande… On pourrait évoquer aussi ces chiffres que publiait déjà, il y a 60 ans, “La Vie Claire” en avril 1948 alors que les rendements à l’hectare étaient bien moins élevés qu’aujourd’hui : “Les économistes ont calculé qu’on pouvait nourrir 10 végétariens avec le produit des fruits et des légumes d’un seul hectare de terre, alors qu’il en fallait huit hectares pour assurer la subsistance d’un seul carnivore !...”
(Et on pourrait aussi ajouter ce récent commentaire de Jean-Marc Governatori, Président de “La France en Action” : “(…) pour créer un kilo de viande, on a besoin de sept kilos de céréales qui nécessitent plus de 10.000 litres d’eau ! L’impact de l’élévation de la seule consommation de viande est terrible. Pour répondre à cette hausse de consommation, il faut plus de place pour les troupeaux, donc on coupe des centaines de milliers d’arbres pour planter des céréales, nourriture des ovins et des bovins ; donc on consomme dix fois plus d’eau douce pour développer cette culture céréalière.
Les autres causes de la faim dans le monde
Pourquoi plus de trente millions d’être humains sont morts de la faim en 1998, et 823 millions de personnes (chiffres de la FAO ; Organisation pour l’alimentation et l’agriculture) étaient en même temps frappées de malnutrition sévère ? Pourquoi tant d’injustices existent dans ce monde, ou pourtant la majorité des pays ont adopté et consenti aux droits de l’homme ? C’est ce que nous allons essayer de voir en étudiant les (très) nombreuses causes de ce cataclysme, qui est à l’origine de tant de souffrances et de tant de morts. Les causes de la faim dans le monde sont multiples et complexes, et l’on pourrait, comme nous allons le constater, remonter si loin dans les causes qu’il n’y aurait plus de rapport direct avec la faim. Essayons donc de voir les causes principales les plus directes possibles, ce qui n’empêche cependant pas d’éventuelles approfondissement susceptibles d’apporter des informations utiles à la compréhension du problème.
Il est d’ores et déjà possible de différencier deux types de causes de la faim dans le monde : les causes structurelles et les causes conjoncturelles.
1) Les causes conjoncturelles
Ce sont les causes naturelles de la faim, qui est alors provoquée par une attaque imprévue, comme un ouragan, une sécheresse, un tremblement de terre, une éruption volcanique, le gel, une inondation, un typhon, une invasion de prédateurs (insectes surtout) et bien d’autres catastrophes naturelles encore qu’il serait long d’énumérer. Image de la faim conjoncturelle, la photo ci-dessous représente une file de centaines de personnes en attente de la distribution des aliments par l’aide humanitaire mondiale.
Cette photo illustre une file d’attente pour la distribution alimentaire dans un pays africains, lors d’une famine
En quelques heures, un désastre comme ceux énoncés ci-dessus peut détruire 20 ans de développement dans une région.Grande sécheresse dans un pays d’Afrique : plus rien ne pousse, les habitants des villages ne risquent donc pas de trouver à manger, et seul l’aide humanitaire peut les sauver.
Voici une maison détruite par une inondation, preuve de la grande destruction du développement. Dans les pays riches, cela n’a pas une grande importance car ce sera vite réparé, mais dans les pays en voie de développement en revanche c’est une lourde perte que de se retrouver sans toit.
Mais il faut savoir que de nos jours, les causes conjoncturelles se font bien rares par rapport aux causes structurelles, le deuxième type de cause de la faim dans le monde.
2) Les causes conjoncturelles
Tel est le nom des causes modernes, actuelles de la faim, les causes réelles pourrait-on dire, car ce sont pratiquement les seules valables de nos jours. Elles sont aussi complexes que serait naïve l’idée de résoudre le problème en transportant la nourriture excédentaire des pays riches vers le régions ou règne la famine ; ce qui permettrait bien sur de nourrir une population durant une courte période, mais le problème resterait entier, si ce n’est aggravé. Voyons à présent pour quelles raisons cet exemple serait impossible, et étudions pour cela les causes structurelles de la faim dans le monde, que l’on peut classer en deux catégories : les causes économiques, auxquelles de rattachent les causes sociales, et les causes politiques.
A) Les causes économiques et sociales
Faim et pauvreté vont de pair. Ce fait est vrai aussi bien au niveau des personnes qu’au niveau de l’état et au niveau international. Nous l’avons vu, ce sont les pays sous-développés ou en voie de développement (PVD) qui souffrent le plus de la faim, même si les pays riches ont également leurs affamés. Tout d’abord, analysons quelles sont les raisons du sous développement.
Les mauvaises conditions naturelles du pays sont évidemment un handicap pour l’agriculture et l’élevage. Certaines zones tropicales, par exemple, possèdent un climat très variable (parfois aride, parfois trop humide) qui favorise entre autre l’accroissement des parasites et une baisse de la production nationale. Les ressources naturelles de certaines régions du monde comme l’Afrique sont relativement faibles, ce qui entraîne une limitation mais également une spécialisation dans l’alimentation. C’est pourquoi envoyer des quantités importantes de blé à une population africaine habituée à manger des aliments comme le riz n’est pas forcément recommandé. De plus, certains auteurs mettent en cause l’esclavage, qui a enlevé de nombreux adultes susceptibles d’accroître le développement, ou encore la colonisation et ses effets généralement néfastes malgré certaines bonnes intentions.
Représentation enfantine d’un groupe d’esclave qui va probablement être vendu. Il ne reste donc plus dans les villages africains qu’un très petit nombre d’hommes, pourtant moteurs de l’accroissement
- l'endettement des pays en voie de développement
L’endettement d’un grand nombre de pays est sans aucun doute le facteur principal qui les empêche de progresser. Depuis 1980, la dette des PVD a quasiment doublée, atteignant en 1992 un total de 1340 milliards de dollars. L’Amérique latine est la plus endettée avec environ 640 milliards de dollars, mais l’endettement de l’Afrique, pourtant trois fois moins important, pèse deux fois plus lourd sur son économie. L’endettement de ces pays est en grande partie dû à la montée impressionnante des prix du pétrole dans les années 1970, touchant alors immédiatement les pays non producteurs aussi bien au niveau économique qu’au niveau moral voire même culturel. Cette augmentation de prix a de plus été maintenue volontairement maintenue au niveau le plus haut possible, ce qui a aggravé le problème. Mais pour bien d’autres motifs, les états des pays pauvres ne parviennent pas à rembourser les prêts et les achats aux pays riches.
- l'agriculture et la croissance démographique
Les neuf dixième des 90 millions d’âmes qui enrichissent chaque année la population mondiale surviennent dans les pays en voie de développement qui soufrent le plus de la faim, comme l’Inde qui, avec environ 1 milliard d’habitants finira par rattraper la Chine. A ce rythme là, le défi que représente la faim dans le monde sera de plus en plus dur à relever, comme le montre ce tableau de l’évolution estimée par des experts de la population.
Année population Personnes souffrant de Proportion (en milliards) la faim (en millions) 1970 3.7 920 1 sur 4 1980 4.5 900 1 sur 5 1990 5.3 840 1 sur 6 1995/96 5.8 820 1 sur 7 2010 7.2 720 1 sur 10 2015 7.5 * 410 1 sur 18 * Objectif du sommet mondial de l’alimentation Source : FAO
C’est alors qu’on assiste à des contradictions. Depuis 1950, l’augmentation de la production alimentaire mondiale a certes dépassée d’un cinquième la croissance démographique, mais ce constat ne s’applique pas dans toutes les régions. En Afrique, la production alimentaire s’est ainsi accrue de 22% dans les années 1960 alors que la consommation par habitant a diminuée de 5%. Cela est dû en grande partie à une augmentation de la consommation et de la population, mais aussi à la migration des personnes vers les villes (actuellement, plus de 45% de la population vit dans les grandes agglomérations). Il faut également veiller à la place des femmes dans la société, à leur protection, ainsi qu’à restreindre si cela sa montre nécessaire le nombre d’enfants, comme c’est le cas actuellement en Chine. Outre ces causes dues à une population sans cesse en développement, l’agriculture et ses techniques méritent elles aussi que l’on s’y intéresse, car c’est le facteur principal qui détermine les capacités à nourrir un pays, un élément essentiel qu’il serait impensable de négliger. Les nouvelles technologies ainsi que la « révolution verte » ont permis un accroissement important qui se répercute encore de nos jours et permet des « miracles » de production. Cependant, leur prix reste très élevé et donc inaccessibles aux pays les plus pauvres, qui sont pourtant ceux qui en ont le plus besoin. De plus, l’éducation restreinte de ces pays ne leur permet pas, même s’ils avaient les moyens financiers suffisants, d’exploiter au mieux ces techniques modernes, ce qui serait un gâchis comparé au coût de l’investissement. C’est donc à l’école qu’il faut commencer à former les jeunes et futurs agriculteurs. Un proverbe chinois illustre relativement bien le problème de l’agriculture dans ces pays: « Donne un poisson à quelqu’un, il mange une fois. Apprends-lui à pêcher, il mange toute la vie ». Il faut toutefois rester prudent quant à l’utilisation de certains produits (engrais, pesticides...), qui portent atteinte aux ressources naturelles et détruisent le sol, ainsi qu’à l’agriculture intensive, à laquelle il faut rester vigilant et qu’il faut limiter le plus possible.
Les causes économiques peuvent donc être des facteurs naturelles, qui dépendent alors principalement de la situation géographique du pays (le climat, les ressources naturelles...), mais aussi des facteurs financiers (impossibilité de modernisation) qui créent un retard par rapport aux pays riches et développés, et surtout un manque de nourriture pour subvenir aux besoins d’une population chaque fois plus nombreuse. La clé du développement se trouve dans la multiplication et l’amélioration de l’éducation dans les pays pauvres, ou bien souvent les enfants n’ont jamais mis les pieds dans une école ni tenu un livre entre leurs mains.
On assiste ici à la formation de mécaniciens probablement. On peut constater la pauvreté de l’équipement, qui reste cependant d’assez bonne qualité comparé aux écoles africaines.
B) Les causes politiques
Les causes politiques sont les plus inacceptables des causes de la faim dans le monde. Elles émanent directement de décisions volontaires, lois ou guerre par exemple. Elles sont la preuve que même les pays développés ne sont toujours pas parvenus à vaincre ce problème, puisqu’il existe à l’intérieur même de leurs terres. Les causes politiques peuvent être divisées en deux parties : au niveau international et au niveau national, à l’intérieur même des pays.
- Au niveau international
Aussi bien au cours de l’histoire que de nos jours, la faim est souvent utilisée comme arme par les dirigeants des pays. Les exemples ne manquent pas, et c’est surtout le XX e siècle qui a connu ces crimes humanitaires. Par exemple, en 1930, l’Ukraine a été privée de nourriture par Staline, ce qui provoqua pas moins de 8 millions de morts. Ce fut également le cas récemment avec les sièges en Bosnie (avec la prise en otage de l’aide alimentaire), tout comme cela l’a été au Chili, ou les Etats-Unis ont boycotté l’approvisionnement alimentaire pour créer un mécontentement de la population et de cette façon provoquer le renversement du président élu. Et il existe encore de nombreux autres blocus et privations de nourriture, principalement pour des raisons de conflits, qui ont causé la mort de millions de personnes, dans le passé mais aussi de nos jours.
- Au niveau national
A l’intérieur même des pays existent de nombreuses injustices, liées à une inégale répartition de l’alimentation et des richesses. C’est surtout à l’intérieur des pays sous-développés que la différence de richesse est la plus flagrante, même si les pays développés ont également leurs riches et leurs pauvres. Le pouvoir est donc, pour les PVD, principalement concentré sur une certaine partie de la population, empêchant ainsi les améliorations, ce qui conduit bien souvent à des conflits violents. L’état favorise donc certains secteurs plus que d’autres, notamment les secteurs liés à l’exportation, et laisse donc de côté les populations locales. Des études prouvent que la situation alimentaire s’améliore lorsque les revenus des groupes les plus pauvres augmentent. La complexité de ces problèmes fait qu’il est difficile d’y remédier, et qu’il est pratiquement impossible de vaincre la faim dans son pays. Aucun état n’a actuellement réussi à supprimer totalement le nombre d’affamés qui fourmillent dans son pays. Il faut cependant garder espoir et continuer la lutte contre le fossé qui ne cesse de s’agrandir entre les riches et les pauvres. Ainsi, au lieu de demander s’il est possible de nourrir la population terrestre, on pourrait plutôt se demander si l’on a la volonté politique d’assurer une sécurité alimentaire.


Végétarisme et faim dans le monde
La faim dans le monde pourrait être largement limitée si nous réduisions ou éliminions nos habitudes carnivores.
Apparemment si les Américains réduisaient leur consommation de viande de 10 %, cent million de personnes pourraient être nourries par les céréales qui étaient utilisées pour le bétail. Et si chacun d'entre nous réduisait sa consommation de viande ou même devenait végétarien?
Élever des animaux pour la viande est une perte de ressource. Presque 60 % de la provision de grain mondiale sert à alimenter le bétail au lieu de nourrir des gens. "Chaque année, 40 a 60 millions de personnes meurent de faim ou de problèmes santé dus à la malnutrition" "Becoming Vegetarian" Melina, Davis et Harrison.
Il faut 300 g de céréales pour produire 100 g de poulet, 500 g de céréales pour 100 g de boeuf. Il en faut encore plus pour produire 100 g de porc.
500 g de céréales sont donc nécessaires à la production de 100 g de boeuf. Juste une petite comparaison, 100 g de boeuf fournissent 16 g de protéines alors que 500 g de céréales fournissent 50 g de protéines. Ne pensez-vous pas que nous avons perdu des protéines en chemin? Est ce qu'il ne serait pas intelligent que les personnes qui ont les moyens et la possibilité de s'acheter un steak partagent leurs protéines avec ceux qui en ont besoin tout simplement en préférant occasionnellement voir continuellement des plats végétariens?
De plus, une terre a un rendement plus intéressant en céréales qu'en viande : il faut 4 à 10 fois plus de terre pour nourrir des mangeurs de viande que des végétariens.
En résumé, sur une même terre, nous pouvons produire plus de céréales que de viande et les céréales sont données aux animaux. Il y a une double perte. Nous pourrions alimenter beaucoup plus de personnes si celles-ci consommaient directement les céréales.
La famine existe toujours. Chaque année, des millions de gens meurent dans le monde suite à la sous-alimentation tandis que d'autres ont le luxe de gaspiller leur nourriture, laissant la moitié de leur repas dans leur assiette, nourrissant leur chien de leurs restes... Nous avons beaucoup de chance, mais si votre enfant venait à mourir de faim ne souhaiteriez-vous pas que les gens consomment plus souvent des repas végétariens?
Dans "Diet for a small planet" France Moore Lappe nous demande de nous imaginer assis devant un bifteck de 200 g. "Imaginez alors la pièce remplie de 45 à 50 personnes avec des assiettes vides devant eux. Pour ' le coût d'alimentaire ' de votre bifteck, chacune de leur assiette pourrait être remplie d'une pleine tasse de céréales cuisinées."
L'animal est en effet une très mauvaise machine à transformer le végétal ; en moyenne :
• 7 calories d'origine végétale et 1 calorie sous forme de viande
• 9 kg de protéines d'origine végétale et 1 kg de protéines animales
C'est pourquoi une grande partie des productions végétales mondiales finit par tomber dans le tonneau des Danaïdes de l'animal :
• Production mondiale de céréales 38 %
• Production mondiale de plantes alimentaires 49 %
• Production mondiale de soja 90 %
La conséquence immédiate est que la majorité des superficies cultivables (64 %) est destinée à produire des aliments pour les animaux, en pâturages ou en cultures .
Mais comme l'animal a un rendement moyen très faible, les terres utilisées produisent beaucoup moins que ce qu'elles produiraient si elles étaient ensemencées directement pour l'alimentation humaine :
Ex. - sur 1 hectare, on peut produire : 25 kg de protéines de boeuf ou 500 kg de protéines de soja.
Ce gâchis de terres agricoles fait que pour nourrir une personne pendant 1 an, il faut :
• par des protéines animales 2 ha de terre
• par des protéines végétales 0,16 ha de terre
C'est pourquoi la pratique du végétarisme au niveau mondial permettrait de produire suffisamment pour nourrir entre 2 et 3 fois plus de personnes qu'il n'en existe actuellement.
Ex.- sur 100 ha de terres cultivables :
• Si 64 ha sont destinés aux productions animales ; à raison de 2 ha/personne, 32 personnes peuvent vivre de cette superficie.
Si les 36 ha restants sont destinés aux productions végétales ; à raison de 0,16 ha/personne, cela fait 225. Donc, 257 personnes peuvent vivre sur 100 ha.
• Mais si les 100 ha sont utilisés à des productions exclusivement végétales, alors 625 personnes peuvent en vivre, ce qui fait environ 2,5 fois plus.
source : http://ivu.org
Si la question du végétarisme vous intéresse et que vous avez envie d'approfondir le sujet, vous pouvez cliquer sur les images ci-dessous. Elles renvoient sur des sites très intéressants.


 
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