LES DAUPHINSBientôt un statut de "personne non humaine" pour protéger les dauphins ?
États-Unis – Selon les chercheurs des universités d’Atlanta et de Los Angeles, les dauphins devraient bénéficier de droits spéciaux à cause de leur intelligence, bien supérieure à celle des autres animaux.
Les dauphins sont dotés d’une intelligence qui les rend conscients de leur situation : ils peuvent réfléchir à une situation future, ont une grande mémoire, se reconnaissent devant un miroir, sont capables d’utiliser des outils…
Les dauphins du genre Tursiops, les plus connus mais aussi les plus doués, font ainsi concurrence au chimpanzé, considéré comme l’espèce animale la plus intelligente directement après l’homme et qui peut atteindre la capacité intellectuelle d’un enfant de 5 ans. C’est pourquoi, d’après les scientifiques, les dauphins ne devraient pas être enfermés dans des parcs animaliers ou pire, servir de nourriture. Pour les experts, ces cétacés devraient être considérés comme des "personnes non humaines".
Chaque année, environ 10.000 dauphins sont tués, principalement lors de pêches au chalut ou simplement pour servir de nourriture pour les humains et les chiens. Afin d’éviter ou du moins limiter le massacre et toute la souffrance morale que peuvent endurer ces animaux, les chercheurs se prononcent afin qu’ils puissent bénéficier de droits particulier à leur espèce.
source http://www.maxisciences.com/dauphin/bientot-un-statut-de-personne-non-humaine-pour-proteger-les-dauphins_art5150.html
Le Modèle des Animaux :
Réflexions sur la perception humaine de l’Intelligence
L'intelligence des animaux est un sujet qui a donné lieu à de nombreux travaux dont les résultats offrent non seulement une meilleure compréhension du monde animal mais aussi, par extension, des pistes pour l’étude de l’intelligence humaine. Des expériences scientifiques[1] ont par exemple révélé que les bébés humains se trouvent sur un pied d’égalité avec les animaux lorsqu’il s’agit d’arithmétique simple : une découverte étonnante qui met en évidence l’intérêt de la recherche sur l’intelligence animale.
Différents groupes d'espèces se démarquent par leurs aptitudes intellectuelles lors des recherches sur l'éthologie cognitive. Les grands singes, les dauphins et les éléphants, qui peuvent se reconnaître dans un miroir, les chimpanzés et les corvidés (pies, corbeaux) qui fabriquent des outils, les perroquets qui peuvent tenir une conversation structurée, comprendre la notion de zéro et communiquer avec plus de 800 mots, les éléphants qui ont un comportement singulier face à leurs morts et les cétacés au langage complexe ne sont que des exemples d'intelligences manifestés. D'autres animaux tels les rats, les cochons et les pieuvres ont intéressé les chercheurs par leur capacité de raisonnement.
Par le Capitaine Paul Watson
"Quelle remarquable machine que l’homme ! Comme la raison est noble ! Quelles facultés infinies ! Dans la forme et dans le geste combien il est rapide et admirable ! Tel en Ange en action ! Tel un Dieu par la crainte qu'il inspire! La beauté du monde ! Le modèle des animaux !" William Shakespeare, Hamlet
L’Homme n’est peut-être pas le roi des animaux comme Hamlet nous le décrit avec tant d’éloquence. Une autre espèce sur cette Terre mérite certainement d'avantage un tel éloge.
Il est ironique que la science, dans sa poursuite de la connaissance, nous amène bientôt à comprendre que nous ne sommes pas ce que nous croyons ou souhaitons être, que nous ne sommes pas la forme de vie la plus évoluée sur cette planète. La science Biologique nous conduit à briser notre image de supériorité humaine. Confrontés à de nouvelles réalités, il se pourrait bien que nous soyons obligés de changer nos perceptions. Pour la première fois dans l’histoire, un petit groupe de scientifiques est sur le point de communiquer avec une intelligence non humaine. Sondant les océans plutôt que les profondeurs de l’espace, ils recherchent une alternative à l’intelligence terrestre.
Les astronomes dévoués à SETI (Recherche d’une Intelligence Extraterrestre) maintiennent les oreilles curieuses de la collectivité à l’écoute de signes infimes venus de l’espace. En même temps, les cytologistes observent, documentent et déchiffrent des preuves qui démontrent à l’évidence qu’une profonde intelligence réside dans les océans. Il s’agit d’une intelligence antérieure de plusieurs millions d’années à notre propre évolution en tant que primates intelligents. De plus, nous parlons d’une intelligence qui peut s’avérer, et de loin, nous être très supérieure en termes de capacités d’associations complexes, de linguistique, et de survie. Le patient du Dr. John Ford surveillant le discours des orques de Columbie Britannique a mis au jour l’existence de dialectes distincts entre des populations d’orques, si distincts qu’il est possible de faire le lien entre un animal captif d’origine inconnue et sa famille à l’état sauvage perdue de longue date. Dans les eaux froides de Patagonie, le Dr. Roger Payne a fait vibrer le monde entier avec ses enregistrements des chansons de la baleine à bosse. En dehors du côté esthétique des musiques de baleines, les recherches de Payne ont révélé des aspects fascinants de la complexité et de la haute sophistication du langage des baleines.
Dans le domaine de l’étude zoologique, aucune autre famille d’espèce n’a eu un tel impact sur les chercheurs humains. Quelques brillants chercheurs ont même été accusés de perdre leur objectivité scientifique simplement parce que leur étude des cétacés a dévoilé des connaissances sur eux-mêmes. " Vous voyez, " a écrit le Dr John Lilly, " Ce que j’ai trouvé après douze années de travail avec les dauphins est que les limites ne sont pas en eux mais en nous. Alors je devais aller de l’avant et trouver, qui suis-je ? De quoi s’agit-il ?" Le Dr. Paul Spong, qui en est venu à étudier la cytologie en tant que psychologue, est devenu un fervent défenseur de la liberté des dauphins. "J’en suis venu à réaliser," dit Spong, "qu’alors que je manipulais leur comportement (orques), ils étaient en train de manipuler le mien. En même temps que je les étudiais et menais des expériences sur eux, il m’étudiaient et faisaient des expériences sur moi." Le romancier Edward Abbey dit un jour que: "Comprendre le monde naturel n’est pas suffisant, l’important est de le défendre et de le préserver." D’autres scientifiques m’ont confié qu’ils comprenaient cette influence des cétacés sur les gens mais résistaient à la tendance d’être trop impliqués dans leur sujet simplement par peur d’être ridicules auprès de la communauté scientifique. Ainsi, connaître quelque chose ne signifie pas que les autres l’accepteront ou qu’ils auront suffisamment d’ouverture d’esprit pour y réfléchir. Certains faits ne peuvent faire l’objet d’aucun débat scientifique sérieux autour d’une table, et l’idée que les humains sont supplantés en matière d’intelligence par d’autres espèces en fait partie.
Des attitudes anthropocentriques enracinées rejètent l’idée qu’un dauphin ou une baleine puisse s’avérer aussi intelligent qu’un être humain, voire davantage. En procédant ainsi, la science se révèle dogmatique et intransigeante, ne différant pas beaucoup par son attitude de la position de l’Eglise concernant la Terre et de son impossibilité de tourner autour du Soleil.
L’imagination humaine peut instantanément reconnaître l’intelligence d’une substance faite de protoplasme violet ou d’un insectoïde extraterrestre s’il provient d’un vaisseau spatial en métal, armé d’un fantastique canon protoplasmodique déstabilisateur de cellules ioniques et chargé négativement. Les dauphins, eux, ne mangent que du poisson.
Nous acceptons bien volontiers l’idée qu’une forme de vie soit intelligente uniquement si l’intelligence en question est sur la même base d’évolution que la nôtre. La technologie est automatiquement un signe d’intelligence. L’absence de technologie se traduit par une absence d’intelligence.
Les dauphins et les baleines ne font pas montre de leur intelligence d’une façon reconnaissable par cette perception conditionnée de ce qu’est l’intelligence, et nous sommes fermés à une définition plus large de ce que l’intelligence peut être.
L’évolution conditionne notre projection de l’intelligence. Les Hommes ont évolués comme fabricants d’outils, obsédés par le danger et l’agression collective. Cela rend difficile pour nous la compréhension d’êtres intelligents non manipulables dont l’évolution a été le témoin d’une abondance de nourriture et d’une absence de peurs venue de dangers externes.
J’ai observé les baleines et les dauphins à l’état sauvage depuis quarante ans, voyant des comportements variés et complexes qui ont démontré un modèle bien déterminé d’interactions sociales sophistiquées. Ils ont présenté des comportements discriminatoires dans leurs relations avec nous, nous considérant non pas comme des phoques parfaits pour être des proies mais comme de curieux objets à observer et à appréhender avec précaution. Ils peuvent voir au-delà de la manifestation du pouvoir technologique que nous avons exploité, et ils ont la possibilité d’ajuster leur attitude en conséquence. Il est un fait qu’aucune attaque d’orque envers un être humain n’a jamais été rapportée. Peut-être qu’ils nous aiment. Ou plus probablement, qu’ils savent ce que nous sommes.
L’analyse d’un comportement reste sujette à l’interprétation de l’observateur ; un observateur peut qualifier un comportement d’intelligent, alors que le second observateur l’abaissera au rang d’instinctif. Il y a aussi la tendance à l’anthropomorphisme – d’attribuer des sentiments humains et des raisons au comportement de non humains. En fait, à moins de pouvoir parler avec un non humain, il est difficile, voire impossible, de faire autre chose que de spéculer sur ce qui est pensé ou perçu. Nous ne sommes même pas en mesure d’avoir la certitude de ce que peut penser ou percevoir un être humain d’une culture différente parlant une autre langue. Même parmi les gens de notre propre culture, parlant le même langage, issus de la même classe, ou faisant partie de la même catégorie socioculturelle, observer dans les rouages du cerveau humain constitue déjà un travail formidable. Cela dit, tous les cerveaux différents du nôtre nous sont étrangers, et je peux même m’aventurer à rajouter que le fonctionnement de nos cerveaux individuels demeure un mystère pour chacun.
Il est profondément regrettable pour notre développement en tant qu’espèce que nous ayons été les seuls hominidés en trente milliers d’années. Imaginez des Néanderthaliens vivant aujourd’hui et considérés comme une espèce intelligente à part entière de primates hominidés. Notre perception de la nature de l’intelligence en serait bouleversée.
Les Néanderthaliens sont un exemple d’espèce possédant à la fois des moyens de communications et la technologie. Ce fabricant d’outil a créé d’obsédantes images de ses expériences et de son environnement. Quelques outils Néanderthaliens, des objets fabriqués, et de l’art rupestre datant de la période Chatelperonienne ont subsisté et nous rappellent que nous ne sommes pas la seule espèce douée d’expression artistique. De l’ivoire néanderthalien et des os taillés étaient utilisés pour l’ornement mais aussi à des fins plus pratiques. Les symboles sculptés sur des bois de cerfs et relatifs aux mouvements des animaux en relation avec les saisons indiquent que les Néanderthaliens avaient inventé "l’écriture", et emportaient un almanach de chasse avec eux.
J’ai souvent entendu des conférences et lu des articles sur l’art préhistorique. J’ai rarement entendu dire que les Néanderthaliens avaient aussi contribué à nous laisser cet héritage et pas uniquement l’Homo sapiens. Une autre espèce a créé quelque chose que nous croyons être les seuls à avoir créé. Nous percevons la réalité uniquement sur la base de nos idées préconçues. En d’autres termes, nous voyons ce que nous voulons voir. Prêtons attention à l’anatomie du cerveau. Il s’agit d’un organe que l’organisme humain a en commun avec beaucoup d’espèces supérieures à la classe des invertébrés. Plus spécifiquement, nous devrions regarder le cerveau des mammifères qui est un organe composé de trois structures différentes.
La base du cerveau des mammifères est le paléocortex, parfois appelé le cerveau "reptilien" ou "primitif". La zone du paléo cortex reflète la structure amphibie reptilienne originelle. Cette combinaison nerveuse fondamentale est nommée lobe rhinique (du Grec rhino, pour nez) car elle a été une fois désignée comme l’aire étant en rapport avec le sens de l’odorat. Le lobe rhinique, pauvrement développé, est recouvert par le lobe limbique qui est un peu plus évolué (du Latin limbus, pour bord). Par-dessus ce lobe, il y a le troisième et plus grand segment appelé le lobe supralimbique.
Drapant ces trois lobes, se trouve une couche cellulaire répondant au nom de néocortex, ce qui signifie "nouveau cerveau". Il s’agit de la couche complexe, fissurée et instantanément reconnaissable qui enveloppe les deux autres segments plus primitifs. Le néocortex est un rassemblement incroyablement complexe et entremêlé de cellules nerveuses axonales et ramifiées, de synapses, et de fibres.

Le cerveau des mammifères est un assemblage complexe de fines couches de mécanismes évolutifs reflétant des centaines de millions d’années de développement progressif. Des milliards d’interactions électrochimiques ont lieu pendant que cet organe complexe définit la connaissance, la conscience, l’émotion, la vision, la reconnaissance, l’ouïe, le toucher, l’odorat, la personnalité, l’intuition, l’instinct, et l’intelligence.
Le premier facteur démontrant les étapes de développement des mammifères est le nombre de couches présentes dans le cerveau. La stratification du néocortex diffère énormément entre les humains et les autres animaux terrestres. L’expansion du néocortex est toujours vers l’avant. Cela signifie que le développement du néocortex représente assurément un indicateur assez précis du procédé d’évolution de l’intelligence. Nous ne pouvons cependant pas admettre que la masse du néocortex est le facteur déterminant pour la comparaison de l’intelligence. Les autres éléments pris en compte dans l’équation sont la différenciation, la connexion et la complexité neuronale, la spécialisation par zone, et la structure interne. Considérer l’interaction de tous ces facteurs contribue à des mesures spéciales de l’intelligence.

Les comparaisons entre espèces se focalisent sur l’importance de la stratification, sur la totalité de la zone corticale, ainsi que sur le nombre et la profondeur des circonvolutions du néocortex. De surcroît, le procédé sensoriel primaire relatif à la résolution de problème est un indicateur considérable ; il peut être décrit comme une capacité associative. L’association ou la mise en relation des idées est une compétence mesurable : l’habileté associative d’un rat est évaluée à neuf pour un. En d’autres termes, cela veut dire que 90 pourcents du cerveau sont dédiés à la projection sensorielle primaire, laissant uniquement 10 pourcents aux compétences associatives. Pour un chat elle est de un pour un, c’est-à-dire que la moitié du cerveau est disponible pour les compétences associatives. Pour un chimpanzé le rapport est de un pour trois, et pour l’être humain de un pour neuf. Nous autres, les êtres humains, n’avons besoin d’utiliser que 10 pourcents de notre cerveau pour faire fonctionner nos organes sensoriels. Ainsi les capacités associatives d’un chat sont supérieures à celles d’un rat mais inférieures à celles d’un chimpanzé, et les humains sont au dessus de tous.
Pas exactement. Le cerveau des cétacés a un rapport moyen de un pour vingt-cinq allant même jusqu’à un pour quarante. La raison à cela est que le lobe supraliminaire, bien plus large, est principalement le cortex d’association. Contrairement aux humains, chez les cétacés le contrôle des fonctions motrices et sensorielles s’étend en dehors du supraliminaire, laissant ainsi plus de zones du cerveau à des fins associatives.
Les comparaisons de la géométrie synaptique, de la densité du champ de ramification, et de la connectivité neuronale viennent modestement appuyer la révélation que le cerveau des cétacés est supérieur à celui des humains. De plus, la centralisation ainsi que la différenciation des zones cérébrales individuelles sont supérieures à celles du cerveau humain. Beaucoup d’entre nous se souviennent peut-être de leurs leçons de Biologie. On nous montrait des illustrations du cerveau d’un rat, d’un chat, d’un chimpanzé et d’un humain. Nous écoutions le professeur signaler le ratio du cerveau par rapport à la taille du corps et les circonvolutions accrues du néocortex chez l’Homme comparé au chimpanzé, au chat, au rat. La conclusion simpliste était de comprendre que les humains étaient plus intelligents. Bien sur, il s’agissait d’une démonstration humaine d’intelligence, et la conclusion découlait d’une discrimination basée sur la sélection d’exemples. Lorsque l’on intègre le modèle d’un cerveau d’orque dans l’image, la conclusion fondée sur les mêmes facteurs place le cerveau de l’être humain en seconde position.
Malheureusement pour la fierté de l’espèce humaine, cette simple comparaison résulte de la confrontation élémentaire à un fait réel et stupéfiant : tandis que le cerveau humain se divise en trois parties comme tous les autres mammifères, le cerveau des cétacés diffère uniquement par sa physiologie.
Les humains possèdent le rhinique, limbique, et supraliminaire, avec le néocortex recouvrant la surface du supraliminaire. Cependant, pour les cétacés, nous observons un saut radical dans l’évolution avec l’intégration d’un quatrième segment. Il s’agit d’un quatrième lobe cortical, donnant lieu à un quadruple repli qui représente morphologiquement la différenciation la plus significative entre les cétacés et tous les autres mammifères évolués au niveau crânien, humains inclus. Aucune autre espèce n’a jamais eu quatre lobes corticaux séparés.
Cette formation extra lobée bien développée prise entre les lobes limbique et supra limbique se nomme le paralimbique. En considérant les critères neurohistologiques, le lobe paralimbique est une prolongation des zones sensorielles et motrices se situant dans le lobe supraliminaire des humains. Selon le Dr. Sterling Bunnell, le lobe paralimbique est spécialisé dans les fonctions sensorielles et motrices spécifiques. En ce qui concerne les humains, les régions de projection pour les différents sens sont bien séparées l’une de l’autre, et l’aire motrice est adjacente à l’aire du toucher. A nous d’avoir une perception intégrée de la vue, de l’ouïe, et du toucher, les influx doivent emprunter un long parcours le long d’un système de fibres avec beaucoup de déperdition de temps et d’information. Le système paralimbique des cétacés rend possible la formation très rapide de perceptions intégrées avec une richesse d’information inimaginable pour nous.
N’en déplaise aux cours de biologie, le ratio du cerveau par rapport au corps n’est pas une indication d’intelligence. Si cela était le cas, l’oiseau-mouche serait l’animal le plus intelligent du monde. La taille du cerveau est toutefois importante en elle-même, et les cerveaux les plus gros jamais développés sur cette planète sont ceux des baleines. Le plus important est la qualité tissulaire du cerveau. Avec ses quatre lobes, les circonvolutions de son néocortex les plus marquées et sa supériorité en taille, la suprématie du cerveau du cachalot avec ses 9000 cm3 ou celle du cerveau de l’orque avec 6000 cm3 sont des modèles d’évolution du cerveau sur Terre. A l’opposé, le cerveau humain fait 1300 cm3. Fait intéressant, le cerveau de l’homme de Néandertal faisait en moyenne 1500 cm3.
En dehors de notre ego collectif en tant qu’espèce, l’idée d’une espèce terrestre plus intelligente que nous est difficile à avaler. Nous mesurons l’intelligence en termes strictement humains, sur la base de ces capacités dans lesquelles nous excellons en tant qu’espèce. Ainsi, nous considérons la coordination main vision comme un grand signe d’intelligence. Nous construisons des choses; nous faisons des outils et des armes, fabriquons des véhicules, et des édifices. Nous utilisons nos cerveaux pour régler notre vue afin de guider nos mains pour contraindre notre environnement selon nos désirs ou notre volonté. Les baleines ne peuvent ou ne font aucune des choses que nous espérerions de créatures intelligentes. Elles ne construisent ni voitures ni vaisseaux spatial, et ne gèrent pas non plus de portefeuilles de placements.
Les cétacés ont des aptitudes innées comme le sonar à côté duquel notre sonar électronique est ridicule. Les cachalots ont même développé un rayon laser sonique, pour ainsi dire, leur permettant d’assommer une proie grâce à une huile, le spermaceti, contenue dans leur tête et qui amplifie et projette un souffle sonique. Toutefois, nous nous attendons à ce qu’une espèce intelligente arrive dans un vaisseau spatial armé de rayons lasers, et apportant des cadeaux de technologies futuristes. Il s’agit d’un fantasme que nous pouvons concevoir, auquel nous aspirons. Pour nous, la technologie est signe d’intelligence. L’intelligence ne peut être une créature nue nageant librement, mangeant du poisson, et chantant dans la mer.
La baleine est un sous-marin naturel. Il se peut qu’une baleine n’arrive pas en vaisseau spatial, mais elle est elle-même un navire vivant submersible. Toute sa technologie est interne et naturelle. Nous ne l’acceptons pas. La compréhension humaine de l’intelligence est matérielle. Plus la technologie est supérieure, et plus l’intelligence l’est aussi.
Pourtant l’intelligence est relative ; elle évolue pour remplir les besoins d’évolution d’une espèce. Toutes les espèces accomplies sont intelligentes conformément à leur situation écologique. Dans cet ordre d’idée, l’intelligence d’un crocodile ou d’une baleine, d’un éléphant ou d’un humain est incomparable. Une intelligence complexe existe dans la limite où chaque créature sensible en a le besoin. En tant qu’humains nous ne pouvons commencer à comparer notre intelligence élaborée à l’intelligence complexe d’autres créatures dont les cerveaux ou les nerfs sont conçus pour des fonctions complètement différentes et dans des environnements radicalement différents.
La plupart des humains modernes croient que nous sommes bien plus intelligents que ne l’étaient nos ancêtres il y a 75,000 ans ou même 10,000 ans. Notre technologie en est la preuve, n’est-ce pas ? Le fait est que le cerveau d’une personne vivant aujourd’hui a la même taille et composition que celui de nos confrères il y a dix mille ans. Si vous mettiez le cerveau d’Einstein à côté du cerveau d’un homme des cavernes de l’ère Paléolithique, vous ne pourriez faire aucune différence en taille et en complexité. Notre technologie est cumulative, le résultat final de millénaires d’essai et d’erreur. Elle est aussi exponentielle, et nous connaissons actuellement une période de croissance exponentielle des plus rapides. Individuellement, l’homme des cavernes moyen pourrait égaler le citoyen moyen actuel en terme d’intelligence associative et serait autant capable d’apprendre. Notre intelligence est également culturelle, et l’énorme quantité d’informations dont nous disposons se trouve à l’extérieur de nous en tant qu’individus. En dehors de toute considération collective, nous sommes sévèrement limités en terme de compréhension ou de manipulation des technologies.
Livrés à nous mêmes sur une île sauvage, la plupart d’entre nous n’aurait pas la moindre idée de comment survivre. Nous n’avons même pas la connaissance pour construire des outils rudimentaires en pierre ou des armes. Ainsi, les hommes de l’âge de pierre nous seraient supérieurs intellectuellement.
Si nous comparons les intelligences des espèces sur des bases strictement morphologiques, en appréciant tous les aspects du développement structurel cortical uniquement, nous pouvons attribuer un score associatif moyen relatif à l’intelligence humaine. Admettons que le score d’un cerveau humain moyen est égal à 100. C’est le nombre que nous considérons comme moyen pour les tests de quotient d’intelligence humaine (QI). En se basant sur les aptitudes associatives telles que définies par la structure physiologique des cerveaux comparés, nous trouverons qu’un chien a un score d’environ quinze, et un chimpanzé autour de trente-cinq. Ce sont là des scores qui se situent confortablement dans la limite de notre compréhension de l’intelligence.
Si l’on compare uniquement la structure corticale, un cachalot atteindrait un score de 2,000.
La vérité est que nous ne savons absolument rien de ce qu’il se passe dans un cerveau de baleine ou de dauphin. Dans notre ignorance, nous avons recours à l’arrogance de la négation et du rejet. Nous nions l’évidence physiologique et en général nous avons nié que d’autres animaux peuvent penser ou même ressentir. Nous oublions que tous les mammifères ont grimpé l’échelle de l’évolution avec nous, et quelques uns, comme les baleines, ont débuté leur ascension des dizaines de millions d’années avant que nous ne n’évoluions depuis cet ancêtre apparenté au singe et que nous avons en commun avec le Néandertal, le chimpanzé, et le gorille des montagnes.
La baleine a évolué de différentes façons, ses aptitudes physiques naturelles n’ayant pas été influencées par le souhait de transporter un quelconque matériel. Aucune lance n’était nécessaire pour avoir de la nourriture – la baleine est un des chasseurs les plus efficaces de toute l’histoire naturelle. Les capacités de la baleine à voyager, à communiquer, à s’occuper de ses petits, et ses systèmes sociaux complexes sont tous indépendants de toute acquisition matérielle externe. Les baleines ont évolué biologiquement pour accomplir les mêmes choses que nous, nous faisons grâce à la technologie. La technologie est quelque chose dont les baleines n’ont jamais eu besoin. Elles possèdent tous les atouts nécessaires à la survie et au développement à l’intérieur de leurs énormes corps et formidables cerveaux.
Les humains sont des manipulateurs grandement intelligents. Les cétacés et les éléphants sont grandement intelligents mais non manipulateurs. Le cerveau des hominidés est passé d’une taille de 450 cm3 à 1300 cm3 durant une période de seulement cinq millions d’années. Les cétacés avaient déjà atteint 690 cm3 quelques trente millions d’années plus tôt et avaient déjà développé leur capacité actuelle bien avant que nous n’ayons notre propre saut d’évolution concernant notre cerveau.
Une autre différence majeure entre le cerveau des cétacés et celui de l’humain est la forme. La boîte crânienne de la baleine a changé pendant des millions d’années pour s’adapter au besoin d’un mouvement aérodynamique dans l’eau. Cette nécessité a modifié la forme du cerveau, le rendant plus haut, mais raccourcissant légèrement la distance avant arrière. Et cette forme s’est traduite par une couche relativement plus fine du cortex qui est plus que compensée par une aire de surface supérieure du néocortex grâce à l’incroyable repli des circonvolutions. Selon Pilleri et Gihr, les dauphins, les baleines dentées, et les primates possèdent les cerveaux les plus grandement différenciés de tous les mammifères, et Krays et Pilleri ont démontré au travers d’études électroencéphalographiques que les dauphins de la rivière Amazone ont le plus haut degré d’encéphalisation, bien plus que les primates. Il a été découvert que la construction du cortex égalait ou dépassait celle des primates. Les cétacés représentent la classe de mammifères la plus spécialisée de la planète, et des douzaines d’espèces sont intelligentes. A l’opposé, les Homo sapiens sont les seuls hominidés survivants.
Les humains sont peut-être les plus grands fabricants d’outils de la Terre, mais la baleine en est peut-être le plus grand penseur. Nous pouvons seulement imaginer comment un dauphin perçoit les étoiles, mais il est probable qu’ils le fasse aussi bien voire mieux que nous. En effet, si le pouvoir d’un cerveau si respectable pouvait être utilisé, le voyage vers les étoiles serait certainement déjà terminé. L’esprit peut voyager vers des royaumes que des fusées ne pourront jamais atteindre. Ou peut-être ont-ils déjà découvert que la destination finale d’un voyageur est de revenir chez lui – à la place qui est la sienne dans l’univers. Le désir de voyager vers les étoiles pourrait très bien s’avérer une aberration, le besoin d’une espèce qui a été écologiquement défavorisée. Les espèces intelligentes d’ici ou d’ailleurs dans l’univers ont peut-être décrété que voyager dans l’espace n’est pas l’ultime expression de l’intelligence. Ce n’est peut-être que l’ultime expression de la technologie : il est probable que la technologie et la sagesse soient des expressions très différentes de différentes formes d’intelligence.
L’intelligence peut aussi se mesurer par la capacité à vivre dans les limites des lois de l’écologie – vivre en harmonie avec la propre écologie de chacun et reconnaître les limites imposées pour chaque espèce pour les besoins d’un écosystème. Est-ce que l’espèce vivant pacifiquement dans son milieu et respectant les droits des autres espèces est une espèce inférieure ? Ou serait-ce plutôt l’espèce qui finance une guerre sainte contre son milieu, détruisant toutes les espèces, celle qui l’irrite ? Que dire d’une espèce se reproduisant au-delà de ce que son propre milieu peut supporter ? Que faisons-nous d’une espèce détruisant la diversité soutenant l’écosystème qui la nourrit ? Comment considérer une espèce qui infecte son eau et empoisonne sa propre nourriture ?
D’un autre côté, comment juger une espèce ayant vécu harmonieusement dans les limites de sa propre écologie ?
Il est évident que les baleines et les dauphins tiennent une place spéciale dans les cœurs des êtres humains. Nous avons eu une affinité avec eux pendant des années, reconnaissant en eux quelque chose que nous avons eu du mal à définir. Ce que nous savons c’est qu’ils sont différents des autres animaux, étant à part d’une manière qui suggère une qualité unique et que nous reconnaissons intuitivement. Cette qualité est l’intelligence.
Reconnaître cette qualité impose des responsabilités morales profondes. Comment les humains peuvent-ils continuer à massacrer des créatures d’une intelligence égale voire supérieure à la nôtre ? Le chemin vers la réalité de communications inter espèces entre les cétacés et les humains nous conduira peut-être à reconnaître que nous avons commis un meurtre.
En utilisant les technologies informatiques de notre espèce associées aux talents linguistiques et associatifs des cétacés, il est probable que nous puissions parler bientôt avec ces êtres. La clé réside dans la compréhension des développements évolutifs différents de deux cerveaux complètement différents et ce, uniquement à l’aide de moyens sensoriels développés.
Imaginez être capable de voir dans le corps d’une autre personne, de voir le flux du sang, le fonctionnement des organes, et le flux d’air dans les poumons. Les cétacés peuvent le faire grâce à l’echo-localisation. Un dauphin peut voir une tumeur dans le corps d’un autre dauphin. Si un animal se noie, cela est immédiatement reconnaissable par le fait de pouvoir "voir" l’eau qui emplit les poumons. Ce qui est encore plus étonnant, c’est que les états émotifs sont instantanément détectés. Il s’agit d’espèces incapables de tromperie, tromperie dont les états émotifs sont des livres ouverts pour chacun d’entre nous. Une telle honnêteté biologique mise en pratique aurait des conséquences sociales radicalement différentes de la part de nos pairs.
La vue pour les humains est un sens d’orientation dans l’espace qui nous donne simultanément des informations complexes sous la forme d’images analogues avec peu de temps pour le discernement. Au contraire, notre ouïe n’a que peu de perception de l’espace mais un bon délai de discernement. Cela résulte de ce que les langages humains consistent en de simples sons combinés entre eux dans des séquences temporelles élaborées. Le système auditif des cétacés est essentiellement spatial, plus comme la vue des humains, avec une grande diversité d’informations simultanées et peu de temps pour le discernement. C’est pour cette raison que le langage des dauphins consiste en des sons très complexes perçu en tant qu’ensemble. Là où les humains auraient besoin de centaines de sons alignés pour communiquer, le dauphin n’aurait besoin que d’un seul son. Pour nous comprendre, ils devraient ralentir leur perception des sons à un degré incroyablement ennuyeux. C’est pour cela que les dauphins répondent facilement à la musique. La musique humaine est bien plus en accord avec le phrasé des dauphins.
En usant de leur don d’echo-localisation avec des images mentales détaillées et élaborées de ce qu’ils "voient" au travers des canaux auditifs, les dauphins sont peut-être capables de recréer et de se transmettre des images. En d’autres termes, alors que notre langage est analogique, celui des cétacés est numérique. Avec l’invention de l’ordinateur, nous communiquons maintenant entre nous de manière numérique, et c’est là qu’est peut-être la clé pour déverrouiller les portes de la perception de la communication des cétacés.
Les possibilités sont fantastiques. Au lieu de communiquer à travers l’immensité de l’espace, nous pourrions jeter des ponts sur les abîmes existant entre les espèces. Mais nous serons incapables de dire que "nous venons en paix." La triste réalité est que nous établirons le dialogue avec des espèces que nous avons massacrés, asservies, et dont nous aurons abusé. Nous pourrons seulement espérer qu’ils nous pardonnerons pour notre ignorance.
Si cela est le cas, le futur sera un lieu d’échange de connaissance, les secrets des mers, d’autres philosophies, et des perspectives uniques et différentes. J’envisage les mots des baleines traduits en livres. Au lieu de juste écouter la musique des chants de baleines, nous pourrions comprendre ce que véhicule la chanson. Cela pourrait ouvrir de nouveaux horizons en littérature, poésie, musique, et océanographie.
En contrepartie, Moby Dick de Herman Melville donnerait la possibilité de montrer aux baleines que notre espèce a longuement cheminé vers la paix entre l’espèce humaine et l’espèce des baleines. Les baleines apprendraient les mystères de notre terre et seraient en mesure de négocier la libération des membres de leur famille qui sont retenus captifs pour l’amusement des humains. Peut-être pourrons-nous les convaincre que notre espèce n’est pas uniforme dans son évolution envers la moralité et la compréhension. Si cela s’avère possible, nous pourrions les convaincre que nos baleiniers sont des aberrations, des retours en arrière jusqu’à nos origines les plus barbares et un embarras collectif pour notre espèce.
Mais le plus important est que nous apprendrons la leçon que nous ne pouvons prétendre juger l’intelligence sur la base de nos propres idées préconçues, de nos préjugés, et de nos partis pris culturels. Ainsi, nous pourrons comprendre que nous partageons cette Terre avec des millions d’autres espèces, toutes intelligentes à leur façon, et méritant toutes également le droit de vivre en paix sur cette planète que nous appelons notre maison – planète d’eau répondant au nom étrange de Terre.
"Ils disent que la mer est froide, mais la mer contient le sang le plus chaud de tous, et le plus sauvage, le plus urgent." D.H. Lawrence, Les baleines ne pleurent pas (Whales Weep Not)
Le Merveilleux chant des Dauphins!
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